Marta Lock
Critique d’art internationnal
Abstraction Lyrique
J’ai eu cette surprise en découvrant que Marta Lock critique d’art internationnal est pris le temps de donner son avis sur mes oeuvres. Heureuse et fiers de vous partager son article.
L’art joue parfois un rôle important et solennel : celui d’encourager un détachement face à une réalité trop sombre et, de ce fait, incapable de toucher les cordes sensibles qui tendent vers la positivité nécessaire à l’âme pour se redécouvrir et percevoir les vibrations poétiques qui l’entourent. Cela est d’autant plus vrai que l’auteur d’une œuvre souhaite que l’art ne soit pas simplement une échappatoire aux contingences, mais un moyen de se reconnecter à une énergie universelle qui transcende l’instant présent, qu’il soit individuel ou collectif. Cette énergie nous conduit ainsi à percevoir toute la magie, l’alchimie qui opère subtilement sous le visible et qui, une fois saisie, peut allumer l’espoir du salut et nous libérer de tout ce qui, autrement, opprimerait l’individu. L’artiste dont je vais vous parler aujourd’hui possède une capacité profonde à transformer les événements et les circonstances oppressantes et pénibles en une occasion de faire jaillir la lumière, cette faible lueur capable de métamorphoser la réalité observée, transportant l’observateur dans un monde idyllique qui bouleverse sa perception et sa vision de l’existence.
À la fin du XIXe siècle, l’art s’affranchit des modes d’exécution académiques antérieurs. Les interprétations des artistes appartenant aux mouvements d’avant-garde se multiplièrent et se diversifièrent, même au sein d’un même mouvement. L’art abstrait marqua une rupture totale avec la réalité observée, établissant la suprématie absolue du geste plastique sur toute nécessité de référence visuelle connue et soulignant l’indépendance de la beauté artistique pure vis-à-vis de l’observation de la nature ou de la représentation réaliste du quotidien.
Bien que la plupart des représentants du mouvement aient insisté sur la nécessité de renoncer à toute subjectivité de l’auteur, comme dans le cas du De Stijl de Piet Mondrian et du suprématisme de Kazimir Malevitch , il y avait néanmoins de grands auteurs tels que Wassily Kandinsky , fondateur de l’abstractionnisme , et Paul Klee , qui, au contraire, ont maintenu une approche lyrique, enveloppant leurs œuvres de la magie inspirante des notes musicales fondamentales dans leur processus expressif, faisant émerger des toiles une sensation de douceur et de fluctuation d’une délicatesse narrative, capable d’impliquer les sens de l’observateur. En revanche, même l’expressionnisme , style par lequel les artistes exprimaient l’insécurité existentielle, les peurs et l’angoisse engendrées par les atrocités des guerres mondiales, comptait des représentants qui, au contraire, préféraient rester attachés à des sentiments positifs, à des sensations oniriques. Celles-ci leur permettaient, d’une part, de se distancier des aléas de la vie, protégeant ainsi leur fragile intériorité de la laideur environnante, souvent causée par l’homme. D’autre part, elles révélaient une autre possibilité : celle de la magie, d’énergies subtiles qui, par l’imagination, pouvaient mener vers un autre monde, bien plus beau et agréable que le monde réel.
Parmi les grands rêveurs de l’expressionnisme figuraient le romantique Marc Chagall et l’onirique Franz Marc , l’un des principaux représentants du groupe allemand Der Blaue Reiter, qui dépeignait une dimension fantastique où les animaux étaient les protagonistes absolus d’un univers idéal. Ces deux artistes suscitent le désir de pénétrer et de se perdre dans ces mondes parallèles, enchanteurs, presque surnaturels, capables d’éveiller des émotions positives et enveloppantes malgré les contingences environnantes. L’artiste français Laurence Nicod adopte la même démarche mentale et picturale que les artistes précédemment cités, mêlant avec brio l’ abstraction lyrique de Wassily Kandinsky aux atmosphères nuancées et impalpables de Paul Klee , et y intégrant la positivité onirique de Marc Chagall et la réalité fantastique de Franz Marc . Il en résulte un style unique, dont le fil conducteur est sa capacité à entrevoir la lumière là où d’autres mettraient en avant l’obscurité, prenant littéralement le spectateur par la main et le conduisant vers une possibilité inédite : celle de contempler le monde en s’élevant dans l’énergie de l’univers.
La positivité peut inciter les êtres humains à élever leurs vibrations en modifiant la réalité qui les entoure, et c’est pourquoi Laurence Nicod considère l’art comme un moyen nécessaire pour diffuser ce type de message, pour laisser une trace d’espoir, de résilience face aux événements mondiaux, considérant que dans l’harmonie supérieure, tout a sa raison d’être, tout a un commencement et une fin qui ne tendront jamais vers le désespoir ou l’annihilation de la vie, puisque le but ultime est l’élévation de la conscience.
L’apparence de ses œuvres révèle ainsi une alchimie subtile, une impalpabilité obtenue par des nuances poussiéreuses et lumineuses, faites de superpositions transparentes et, dans certains cas, par l’introduction d’éléments matériels qui semblent souligner le saut quantique entre la partie concrète et contingente et l’entrée dans une dimension plus onirique où le rêve abrite toutes les possibilités invisibles à la raison.
La toile « Soffleur de rêves » est la parfaite manifestation de cette tendance expressive chez Laurence Nicod . Le petit personnage filiforme, figure récurrente dans l’œuvre de l’artiste, y est représenté gravissant une pente improbable et abrupte, au-dessus des vagues de la réalité en contrebas. Il souffle des bulles de savon dans sa baguette pour créer des sphères qui sont rêves, désirs, espoirs. Loin d’être transparentes, ces sphères sont emplies de couleurs riches, soulignant ainsi leur concrétude, la consistance de ce qui appartient à une intériorité qui, seulement en se distançant du pragmatisme, peut croire que tout est possible. Le plan incliné symbolise la difficulté de croire en soi, l’effort nécessaire pour se détacher de toutes ces croyances collectives limitantes qui éloigneraient l’individu de son moi le plus pur et le plus sûr de lui, de sa conscience d’appartenir à un bien supérieur, à une harmonie qu’il faut rechercher et laisser émerger uniquement en écoutant son âme.
Dans Emmene moi !, Laurence Nicod met en lumière combien les êtres humains sont parfois trop englués dans les ombres du hasard, sombrant dans une torpeur de conscience dont il devient difficile de s’éveiller, de lever la tête vers le ciel, symbole de lumière et d’espoir, auquel confient nos rêves. Ainsi, le corps allongé du petit homme est soulevé par des ballons, tels des anges gardiens, des elfes magiques qui interviennent pour rappeler qu’il suffit de s’échapper des cages où l’on s’enferme souvent pour trouver un autre chemin, une nouvelle chance de renaître, de maîtriser ses désirs et de changer ce qui semblait inéluctable. Le fond est flou, ou plutôt spongieux, car cette délicate évanescence souligne la nécessité d’émerger des ténèbres environnantes et de se redécouvrir grâce à l’intervention de ces éléments alchimiques qui font partie intégrante de la vie humaine, même à notre insu.
Le tableau « Protection » accentue encore cette signification, car le mur contre lequel le protagoniste s’appuie, tout en semblant lui offrir la solidité et le refuge dont il a besoin, est en réalité perçu comme une contrainte, une force qui tend à écraser l’existence sous des règles souvent en décalage avec les désirs et la personnalité de l’individu. Ainsi, la protection évoquée dans le titre est le geste nécessaire pour soutenir la grande sphère verte au sein de laquelle, matériellement, Laurence Nicod place l’enchevêtrement de sensations et d’émotions. C’est précisément de là, de ce précieux coffre au trésor, que l’individu puisera le courage de se détacher du mur, en évitant de le laisser s’effondrer, car c’est en lui que réside sa véritable essence, tout ce qui le rend unique et différent de tous les autres. En observant le tableau, on sent que bientôt le personnage trouvera le courage de se libérer du conformisme que le mur exige de lui, emportant avec lui ce qui lui est vraiment précieux : lui-même.
Mais c’est dans l’œuvre « Offrandes à Freyja » que Laurence Nicod révèle son lien profond avec la magie de la nature, avec ce fil énergétique qui la pousse à devenir une véritable alchimiste chromatique et figurative, une messagère pour le spectateur à qui elle révèle que toute chose possède un sens plus profond qu’il n’y paraît, une invitation à prendre conscience de la force intérieure et des potentialités qui pourraient émerger si seulement l’on osait se défaire des croyances limitantes et du matérialisme qui empêchent de se connecter à tout ce qui nous entoure. Freyja est, en effet, une divinité de la mythologie scandinave à laquelle on attribue des pouvoirs magiques et des vertus prophétiques ; l’artiste lui rend ainsi hommage à travers une toile délicate, emplie de transparences impalpables qui soulignent la subtilité des liens qui unissent toute chose.
Laurence Nicod est une artiste présentée et référencée sur Artprice ; elle a participé à des expositions collectives et à des foires d’art internationales en France, en Suisse, aux États-Unis, en Belgique, au Luxembourg , à des expositions individuelles en France et a été reconnue pour son art.
Je vous laisse en lien ci-dessous l’article dans sa version original.